Le service social recèle bien des mystères !

Je me souviens de certaine commune où la mairie refusait les secours financiers aux demandeurs qui fumaient ou buvaient de façon notoire.
Ben oui ! Pourquoi les deniers publiques devaient-ils financer les dépenses inconsidérées de certains alors que d’autres s’efforçaient à tenir leur budget en évitant soigneusement de vivre au-dessus de leurs revenus ?
Evidemment, ce n’est pas si simple. Et j’avais moi-même beaucoup de mal à inviter quelqu’un à arrêter de fumer sans savoir vraiment « par quoi remplacer ».
Mais, d’un autre côté, quand, par exemple, on préfère fumer que payer son loyer, on devrait bien s’attendre à avoir des ennuis de logement ! Et ne pas venir pleurer quand, dans le pire des cas, après bien des mises en garde et des propositions d’accompagnement que l’on ignore superbement, on se retrouve à la rue. Car les propriétaires ne sont pas toujours enclins à faire des cadeaux, surtout si, en plus, l’appartement subit les méfaits de l’intoxication tabagique.
Ça, c’était avant : une personne qui souhaitait un secours devait se présenter « au service social », argumenter sa demande, présenter ses factures, justifier ses revenus (parfois bien au-dessus du seuil de pauvreté, il faut bien le dire), signer un dossier et attendre qu’il passe en commission. Là, une docte assemblée décidait non seulement de l’attribution du secours adéquat mais, en plus, du suivi pour que l’argent soit bien utilisé comme il devait l’être.
Je garde en mémoire ce jour où j’allai, vers 14 heures, voir une retraitée ayant reçu son secours le matin, en espèce, comme en ce temps-là. Je savais combien cette brave dame était incapable de tenir son budget.
La somme versée devait payer la facture de chauffage en souffrance. Mais qu’elle ne fut pas ma surprise quand je constatai avec colère que l’argent avait déjà disparu, englouti dès réception dans l’achat d’un téléviseur, en apparence, bien plus urgent qu’un tas de bois.
Que faire ? Obliger cette dame à rapporter le poste pour récupérer l’argent ? Ben non ! Finalement, le poste, elle prétendait l’avoir acheté à un copain de passage qu’elle ne reverrait plus avant longtemps !
Laisser cette dame dans le froid ? Non plus. Une honnête assistante sociale ne se sent pas l’âme à des représailles aussi cruelles.
Lui demander de rembourser le secours utilisé abusivement ? Elle était insolvable et les démarches auraient coûté plus cher que le reste.
Restait la mise sous tutelle, bien sûr ! Mais dès que j’abordais le sujet, c’était les hauts cris ! Et, de toute façon, la loi exigeait un certificat médical et tout un bazar pour une demande qui prendrait au mieux un an.
Bref ! Qu’auriez-vous fait à ma place ?
Quand même un peu vexée de m’être laissée berner ainsi, j’appelai le fils de cette inconsciente. Par cette occasion, j’appris, oh surprise, qu’il était propriétaire de la moitié du quartier. Un homme aussi bien nanti aurait-il le cœur à laisser sa mère mourir de froid ?
Je jouai sur cette corde.
Une chose était sûre, ou plutôt deux. Depuis, je ne fis plus jamais de demande de secours pour cette dame. Et la mairie accepta (enfin) de me remettre à moi et non plus aux destinataires l’argent des secours.
Que de factures de chauffage payées depuis !
Mais ça, c’était avant !
Aujourd’hui, les temps ont bien changé et je vais vous donner la nouvelle méthode pour obtenir des secours financiers sans même sortir de chez vous. Exit les éventuelles remontrances des généreux donateurs, les signatures d’engagement, les révisions de budget, les cautions, les remboursements ou les preuves d’utilisation de l’argent reçu.
Il suffit d’avoir un ordinateur. Et de s’inscrire sur les réseaux sociaux.
Et là, plus de limites. Ça s’appelle même maintenant la cagnotte en ligne. Exposez votre problème financier, si possible avec une photo bien attristante. Dites éventuellement combien vous voulez et hop, c’est parti !
Il n’y a plus qu’à attendre bien gentiment que l’argent pleuve grâce à tous ces crédules qui vont suivre, la larme à l’œil, sans même s’assurer de l’honnêteté de la demande.
Ce qui marche bien dans ce domaine ? Les problèmes liés aux enfants, surtout les bébés, à nos braves animaux de compagnie, aux maladies soit disant incurables.
Evidemment, je ne parle pas des demandes honnêtes et justifiées. Mais, une fois de plus, à chacun de faire preuve de discernement.
Voilà où nous en arrivons aujourd’hui où, en plus des quêteurs de tous genres qui sonnent à votre porte ou à votre téléphone, il est encore plus simple de vous demander la charité : branchez-vous sur un réseau social et vous aurez le choix. C’est à la portée de n’importe qui.
Eh oui. Comme tout, la mendicité se démocratise !
Alors, à votre bon cœur m’sieurs dames… mais informatiquement.

Commentaires   
#2 agnes andersen 08-12-2019 10:04
Oui Lucia. Comme tu écris : tous ces crédules qui avalent tout sans vérifier ! ça; ça continue à me dépasser ! Et les arnaqueurs ont encore de beaux jours devant eux.
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#1 Borgo Lucia 08-12-2019 07:17
:-x :roll: oh ! je suis tout à fait d'accord avec toi
Ça devient dangereux pour ces crédules qui vont s'endetter de plus en plus...
Ces Réseaux Sociaux !!! grrrr
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